Nous savons déjà que les Jeux de Londres disposent du programme de contrôle le plus robuste à ce jour à des Jeux, et qu’un laboratoire à la fine pointe de la technologie y a été établi. Ouvert 24 heures sur 24, ce laboratoire pourra fournir les résultats d’analyse beaucoup plus rapidement.
On a toutefois peu parlé du rôle traditionnel de l’AMA aux Jeux olympiques et paralympiques et de la façon dont le mandat de cet organisme international responsable de la lutte contre le dopage dans le sport s’inscrit dans le paysage antidopage à Londres.
L’AMA avant les Jeux
D’une façon générale, le CIO et l’organisateur des Jeux – en l’occurrence le LOCOG – ont toujours été chargés des contrôles du dopage durant la période des Jeux, depuis l’arrivée des sportifs au Village olympique jusqu’à la cérémonie de clôture des Jeux.
On a beaucoup misé sur les contrôles auprès des sportifs du monde entier avant leur départ pour les Jeux. L’AMA a fortement encouragé toutes les organisations antidopage (OAD) – y compris les organisations nationales antidopage (ONAD), les organisations régionales antidopage (ORAD) et les fédérations internationales (FI) – à multiplier leurs efforts antidopage pour démasquer les sportifs qui se dopent avant qu’ils ne partent pour leurs camps d’entraînement au Royaume-Uni ou ailleurs.
Les signataires olympiques du Code mondial antidopage sont tenus de s’assurer que les Jeux soient les plus propres possible et l’AMA continuera de favoriser les contrôles avant les événements.
Missions des Observateurs indépendants
Depuis sa création en 1999, l’AMA a déployé des équipes d’Observateurs indépendants (OI) à chaque Jeux olympiques et paralympiques. Des équipes d’OI se sont rendues à Sydney (aux Jeux olympiques seulement), Salt Lake City, Athènes, Turin, Pékin et Vancouver. L’AMA présentera à nouveau son programme des OI aux Jeux de 2012.
L’objectif de ce programme a évolué au fil des ans. Il est aujourd’hui plus interactif et permet à l’AMA d’offrir des conseils antidopage acquis depuis sa fondation. En outre, il contribue à renforcer la confiance des sportifs et du public lors de grandes manifestations sportives.
Il y aura deux équipes d’Observateurs indépendants de l’AMA en mission à Londres, composées respectivement de neuf membres pour les Jeux olympiques (sous la présidence de René Bouchard) et de cinq membres pour les Jeux paralympiques (sous la présidence d’Anders Solheim).
Le programme, présenté pour la première fois aux Jeux de Sydney en 2000, a été déployé dans plus de 30 manifestations sportives d’envergure, dont les Jeux olympiques et paralympiques, les Championnats du monde de l’IAAF, le Tour de France, les Jeux du Commonwealth, les Jeux panaméricains, asiatiques et panafricains.
En plus de rédiger un rapport complet sur les événements, l’équipe des OI fournira un compte-rendu quotidien et donnera des conseils importants au CIO et au LOCOG sur une base régulière. Ces derniers profiteront ainsi des compétences et de l’expérience de ces équipes d’OI formées de sportifs et d’experts des domaines du droit, de la médecine, des prélèvements d’échantillons et des contrôles.
Programme de sensibilisation des sportifs
Le Programme de sensibilisation des sportifs de l’AMA est un habitué des Jeux olympiques depuis qu’il a été présenté la première fois à Salt Lake City en 2002. Il est devenu un moyen efficace de sensibiliser les sportifs et leur entourage aux dangers et aux conséquences du dopage.
Une fois de plus, le programme aura une visibilité importante dans le hall du Village des athlètes, où les participants auront tout le loisir d’échanger avec les experts en antidopage.
La gestion du centre aux Jeux olympiques sera assurée par la responsable principale, Relations avec les sportifs et communication, Stacy Spletzer-Jegen, qui a participé à tous les Jeux olympiques depuis qu’elle a dirigé le premier programme à Salt Lake City. Catherine Coley, Coordonnatrice, Communication à l’AMA, sera responsable du programme de sensibilisation des sportifs aux Jeux paralympiques.
Deux équipes d’experts, provenant des quatre coins du monde et de divers domaines de l’antidopage, travailleront au centre de sensibilisation et s’adresseront aux sportifs dans plusieurs langues afin de répondre aux besoins culturels variés lors des Jeux olympiques et paralympiques.
Le succès des programmes de sensibilisation repose essentiellement sur l’interaction entre les sportifs, les entraîneurs ou les officiels et les experts en antidopage. Ces échanges sont facilités par du matériel éducatif varié et un quiz à la fois ludique et informatif.
Autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT)
Les sportifs aux prises avec un état pathologique avéré qui doivent utiliser une substance ou une méthode interdite peuvent demander une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT). Le Code définit clairement cette exigence et un sportif doit obtenir une AUT conformément au Standard international pour l’AUT.
Généralement, les FI gèrent ce processus pour les sportifs qui font partie d’un groupe cible et pour ceux qui prennent part à une manifestation sportive internationale.
L’AMA s’attend à ce que la plupart des sportifs ayant besoin d’une AUT aient déjà une telle autorisation pour les Jeux de Londres 2012, mais les athlètes peuvent faire une demande d’AUT auprès du CIO afin de garantir leur participation aux Jeux olympiques. Les conditions de ce processus sont stipulées dans les Règles antidopage du CIO, publiées à la fin de 2011.
L’AMA est informée de toutes les décisions concernant les AUT. Son rôle consiste ensuite à décider si elle réévaluera ou non les décisions sur les AUT rendues par le CIO conformément aux Règles antidopage pour les Jeux de Londres 2012.
Droit d’appel de l’AMA
Le CIO et le CIP sont responsables de la gestion des résultats et des décisions antidopage rendues durant les Jeux olympiques et paralympiques, alors que l’AMA – conformément au Code – peut en appeler de ces décisions.
Le principe de ce processus d’appel est le même pour toute décision antidopage prise par les signataires du Code, y compris le CIO et le CIP.
Si possible, la procédure disciplinaire se tiendra dans les 24 heures suivant la notification au sportif de la violation.
Toutes les mesures disciplinaires concernant les Jeux, y compris les sanctions et les disqualifications, sont prises par le CIO et le CIP. Comme c’est le cas pour toutes les décisions antidopage, elles peuvent faire l’objet d’appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui agira à titre de tribunal spécial (ad hoc) durant les Jeux afin d’accélérer les audiences et les décisions.
L’AMA compte parmi les parties qui peuvent exercer ce droit d’appel, et toutes les actions et décisions subséquentes prises par les FI sont également assujetties au même processus d’appel.