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Nouvelle

L’AMA réagit au communiqué de presse de l’UCI sur la commission indépendante

17 janvier 2013

Déclaration du président de l’AMA, John Fahey

L’AMA se voit dans l’obligation de répondre à un certain nombre de déclarations trompeuses publiées dans le communiqué de presse de l’UCI le 16 janvier 2013.

D’entrée de jeu, il importe de souligner que c’est l’UCI qui a mis sur pied, en décembre 2012, une soi-disant commission indépendante pour enquêter sur les allégations et les déclarations formulées par l’USADA dans sa décision au sujet de Lance Armstrong. Ces allégations et déclarations concernaient la complicité pour dopage de l’UCI et de ses représentants, ainsi que la façon dont l’UCI avait mené son programme antidopage.

L’UCI a mis sur pied sa commission indépendante, elle en a formulé les dispositions et a établi l’échéancier pour la diffusion de son rapport, sans consulter l’AMA ou l’USADA.

À la suite d’un examen attentif des dispositions et du programme de travail proposés par la commission, l’AMA a conclu que l’UCI ne permettait pas à la commission de mener une enquête appropriée et indépendante.

Ainsi, l’AMA a décidé de ne pas participer à un tel exercice qu’elle juge discutable, voire inutile, ni d’y investir de ressources. À la suite de cette annonce mardi, l’AMA a été étonnée de la réaction et des attaques de l’UCI à son égard. Il semble à nouveau évident que l’UCI cherche à fuir ses responsabilités et à jeter le blâme sur l’AMA et les autres, plutôt que de résoudre les problèmes évidents qui subsistent au sein du cyclisme.

Ce n’est pas la première fois que l’UCI agit de la sorte. En 2005, alors qu’elle avait la possibilité d’enquêter sur des allégations de dopage pesant sur Lance Armstrong, l’UCI a ordonné un soi-disant rapport indépendant – le rapport Vrijman – qui a complètement échoué à aborder le fond des allégations portées contre Armstrong.

Les lacunesdu rapport Vrijman étaient évidentes à l’époque, et elles le sont encore plus aujourd’hui (cliquez ici pour lire la réponse officielle de l’AMA au rapport Vrijman – en anglais seulement). Cette nouvelle commission constituait une bonne occasion de ne pas répéter les mêmes erreurs, mais malheureusement elle n’a pu le faire.

La commission indépendante en soi reconnaît la nécessité pour l’UCI de participer à une opération de type « vérité et réconciliation » afin que la commission puisse mener ses travaux de façon appropriée. À elle seule, cette mesure incitera les témoins à se prononcer sans craindre l’approche de la tolérance zéro avancée clairement par l’UCI à l’égard de tous ceux qui reconnaissent avoir enfreint les règles antidopage. En réalité, l’UCI empêche tout individu de fournir des preuves librement parce qu’il craint de dévoiler la vérité, et par conséquent de perdre un emploi, un contrat ou la chance de réussir sa carrière sportive.

Ce n’est pas l’AMA, mais bien l’USADA qui a proposé l’amnistie. À la demande de la commission indépendante, l’USADA a rédigé un protocole à cet égard, protocole que la commission indépendante a soumis à l’UCI, qui l’a par la suite rejeté. L’UCI n’a jamais approché l’AMA pour discuter d’amnistie et ce n’est que tout récemment que l’avocat de l’UCI a communiqué par écrit avec l’AMA, l’informant que l’UCI n’envisageait pas une telle option pour cette commission et qu’elle ne prendrait part à un tel processus que s’il englobait tous les sports d’endurance.

Dans la même correspondance, l’UCI a informé l’AMA qu’elle ne comptait pas modifier l’échéancier de la commission indépendante. Ce qui signifie que toute tentative d’adopter une forme d’amnistie, telle que proposé par l’USADA, serait pratiquement impossible.

Le délai fixé en avril 2013 semble, de toute évidence, dicté par le calendrier électoral de l’UCI plutôt que par une volonté ferme de résoudre des problèmes qui subsistent au sein du cyclisme.

L’AMA a toujours été disposée à discuter de programmes et l’affirme officiellement depuis octobre 2012. L’UCI n’a jamais approché l’AMA, ni après le rendu de la décision de l’USADA, ni lors de la mise en place de la commission, ni lorsque l’UCI a pris connaissance de la proposition de l’USADA. L’AMA apprend aujourd’hui l’existence d’une telle approche – qui en réalité n’a jamais eu lieu – dans le communiqué de presse de l’UCI.

Si l’UCI avait approché l’AMA pour discuter d’une telle amnistie, on l’aurait informé que ce processus pouvait être mis en œuvre avec l’approbation du Conseil de fondation de l’AMA. Le 22 novembre 2012, le président de l’UCI assistait à la réunion du Conseil de fondation à titre de membre, et n’a jamais soulevé la question.

Il est devenu pratique courante pour l’UCI de jeter le blâme sur les autres chaque fois qu’une controverse autour du dopage frappe le monde du cyclisme. Depuis des années, l’AMA reconnaît les limites de la science, mais la science ne constitue pas le seul élément d’un programme antidopage efficace. Nombre de paramètres peuvent nettement réduire l’efficacité d’un programme de contrôle et produire des résultats de tests négatifs, notamment la façon dont l’organisation antidopage responsable mène les contrôles (dans ce cas-ci, l’UCI), les informations d’initiés alléguées fournies aux cyclistes par la fédération sportive, les avertissements lancés aux cyclistes avant l’arrivée des agents de contrôle du dopage et plusieurs autres points soulevés dans le rapport de l’USADA.

Le système mis en place par Armstrong – et par d’autres – était sans contredit hautement sophistiqué, mais la décision de l’USADA a soulevé plusieurs autres questions qui sont restées sans réponse. Si on lui fournissait les preuves pour le faire, la commission indépendante devrait plutôt mener une enquête sur les déclarations de l’UCI, qui affirme ne rien savoir du dopage systématique au sein de son sport et ne pouvoir en faire plus à cet égard. Mais l’AMA doute fort qu’une telle investigation ait lieu.

En proposant une opération de type « vérité et réconciliation » élargie, l’UCI tente à nouveau de contourner ses responsabilités, qui concernent le cyclisme.

L’AMA a déjà déclaré qu’elle ne participerait pas à la commission indépendante. En outre, le fait que l’UCI n’ait pas tenu compte des réserves émises par l’AMA et des autres parties invitées constitue une preuve de plus du manque d’indépendance de la commission et des dispositions limitées de cette dernière.